LES SACREMENTS

Le mot “Sacrement” est tiré du latin sacramentum, utilisé pour traduire le mot grec mustérion, tel qu’on rencontre dans les Saintes Ecritures (Eph.1/9 ; 3/2,3;5/32;Col.1/26,27 ; 1Tim. 3/16). « mustérion » ou mystère, est un signe visible qui va servir à manifester une réalité invisible à laquelle on croit , c’est-à-dire une connaissance ou une chose cachée que tout le monde ne peut voir mais que Dieu manifeste à ses enfants. Ainsi, le Sacrement est saint.

Au cours de l’histoire, la signification du terme a changé pour signifier une cérémonie particulière. Dans l’Eglise Catholique Romaine, on compte sept Sacrements : le baptême, la confirmation, la communion avec la Sainte Cène, la Pénitence, l’onction des malades, l’ordination et le mariage. Les Eglises Protestantes, en général, ne retiennent comme Sacrements que le Baptême et la Sainte Cène pour ces 3 raisons :

  1. 1.Parce qu’on voit clairement en eux la représentation visible d’une bénédiction spirituelle qui y est attachée.
  2. 2.Parce que sa célébration est un commandement du Seigneur. (Mat 28/19 ; I Cor 11/24-25)
  3. 3.On peut aussi rajouter qu’il s’adresse à tous les croyants.

Comment le Sacrement agit sur celui qui le reçoit?

Pour les Catholiques Romains et les Orthodoxes, le Sacrement est efficace en lui-même pour transmettre la grâce : ex opere operato : en vertu de l’action accomplie.

Pour les Luthériens, c’est un canal obligé, mais il est efficace seulement en vertu de la parole qui les accompagne et la foi personnelle de celui qui le reçoit.

Calvin voit dans le Sacrement  » un signe extérieur par lequel Dieu scelle en nos consciences les promesses de sa volonté envers nous pour confirmer la faiblesse de notre foi ; et nous, réciproquement   rendons témoignage tant devant lui et les anges que devant les hommes que nous le tenons pour notre Dieu. » (Institution Chrétienne). Calvin déclare également dans l’Institution Chrétienne, que nous ne devons voir dans le Sacrement qu’un instrument entre les mains de Dieu pour nous, et cet instrument serait inutile et vain si le Saint Esprit n’agit en lui. Au sujet de l’intervention de l’Esprit Saint, il écrit : « … je n’entends pas que l’Esprit de Dieu soit attaché aux sacrements ; mais n’empêche que ce sont les moyens ordinaires par lesquels Il lui plaît de besogner en nous.  » Dieu est ainsi libre de nous bénir avec ou sans un signe extérieur visible. Cependant, nous ne pouvons faire ce qui nous plaît en le faisant ou pas. Par contre, nous pouvons recevoir la grâce par son biais si nous le faisons en esprit et en vérité.

Pour Zwingli, les Mennonites et ceux qu’on appelle les sacramentaires , le Sacrement est juste une cérémonie qui sert de confirmation à une foi déjà établie dans le cœur du croyant.

La plupart des Baptistes récusent l’utilisation du mot Sacrement ; ils utilisent plutôt le mot ordonnances. La raison est que l’accomplissement de cette cérémonie est un commandement du Seigneur.

Les inconvénients de ce point de vue sont  que:

  • ·Premièrement, le mot ordonnances ne souligne pas assez la mise en valeur des deux sacrements acceptés de tous comme la manifestation de manière palpable et visible de la grâce invisible de Dieu.
  • ·Deuxièmement, le Christ a donné plusieurs autres commandements aux croyants, comme celui d’aimer, qui en est le plus grand.

Les Quakers, rejettent tout formalisme, et ainsi n’acceptent pas le Sacrement.

Si la vision de Calvin est celle qui est la mieux fondée et qui affermit la foi, il ne faut pas enfermer cette pratique dans un concept rationnel qui limite le champ et la portée de la grâce divine (cf.Es.55:8-9). Le Sacrement n’est pas facultatif car c’est un commandement du Seigneur ; mais il apporte la grâce pour ceux qui le reçoivent dans la foi.

LE SACREMENT DU BAPTEME

Le baptême de Jean est le premier baptême décrit dans les Saintes Ecritures ; et ce baptême était « un baptême de repentance, pour la rémission des péchés » (Mar 1/4). L’eau apparaît dans la Bible comme un moyen de purification, et, dans l’Ancien Testament, c’est le sacrificateur au jour des expiations, les lépreux guéris, les gens atteints d’une infection, et tous ceux qui ont été en contact avec des cadavres ou des choses sales etc…qui se purifient et se lavent par l’eau (ablutions) ou s’imposent un bain complet (Lev. 16/4,24 ; 14/8-9 ; 15/13, 27 ; Nom. 19/19).

La purification commandée par Jean le Baptiste implique :

  • ·Le renoncement à la vie passée
  • ·Un engagement dans une vie nouvelle caractérisée par des fruits digne de la repentance . (Mat. 3/8)

Le baptême que Jésus a recommandé à ses disciples renferme ces significations ; et avant de monter au ciel, Il leur a donné l’ordre explicite de baptiser. (Mat. 28/19).

Les Catholiques Romains et Grecs, les Luthériens et les Anglicans considèrent le baptême comme le moyen par lequel s’opère la régénération.

Les Calvinistes par contre, le prennent comme un signe de la régénération et rejettent l’idée qu’il soit nécessaire au salut. Ainsi, les Calvinistes insistent sur le fait que la Baptême ne sauve pas.

Pour les Baptistes, le baptême est juste un acte d’obéissance au commandement du Seigneur et n’atteste pas le pardon divin.

Le mot baptême traduit le mot grec baptizo qui signifie plonger dans l’eau. Cependant, ce mot n’a pas toujours gardé cette signification, car même à l’époque du Seigneur, Luc a écrit qu’un Pharisien s’est étonné de voir que Jésus ne s’est pas baptisé avant de manger (laver les mains, laver à l’eau) (Luc. 11/38 ; cf. aussi Mar 7/3)

Certes, l’idée de l’immersion est présente dans l’explication de Paul sur le baptême (cf. Rom. 6/4). Cependant, l’enseignement fondamentale est la révélation du baptême comme étant un lavement, une purification du péché pour aller vers une vie nouvelle, et c’est par la foi en la mort du Christ qu’on le reçoit.

Le Didaché, ou la Doctrine des Apôtres, qui renferme le catéchisme des premiers chrétiens, décrit les différentes manières d’administrer le baptême, et la meilleure est l’immersion. Cependant les textes ne nous laisse pas entendre que le baptême administré par aspersion est nul et non avenu.

Le baptême est administré à celui qui se repent et croit. Du temps de Jésus, ceux qui sont baptisés prenaient le rang de disciple et se mettaient à l’école du Seigneur (Jean 3/22 ; 4/1-2). La révélation dans Marc 16/16Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé » semble dire que seuls les adultes peuvent être baptisés car ils sont les seuls à pouvoir croire et révéler leur foi. Il faut cependant souligner que le dessein de Dieu en Abraham est fondé sur son Alliance avec une nation (famille) et puis toutes les nations. (Famille « fianakaviana » dont la racine est descendance ; nation dont la racine est né, naître) C’est ainsi que l’Alliance faite à un seul homme (Abraham) a visé sa famille et sa descendance, et c’est la foi des parents en tant que chefs de famille, c’est-à-dire en tant qu’éducateurs et responsables de l’enfant, qui est le garant de sa foi et de sa croissance dans cette foi par l’éducation (Deut.6 :1-2,7).

Le baptême de l’adulte est donc son engagement à intégrer la grande famille des fidèles par le biais de la repentance et la marche vers une vie nouvelle. Le baptême de l’enfant est l’intégration de l’enfant dans la grande famille des fidèles par l’engagement de ses parents à l’élever et l’éduquer « afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre » (2Tim. 3/15-17). Dans l’Ancien Testament, cela est affirmé par un commandement: « Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre ; Et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas » (Proverbes 22/6 ). Le doute concernant la foi de l’enfant, qui est à la base du refus du baptême de l’enfant, vient du refus du bien-fondé de cette parole. Ce n’est pas l’impuissance de l’homme qui limite la Parole de Dieu, mais c’est la Parole de Dieu qui sauve l’homme de son impuissance. Ainsi, la manière de Dieu dans l’accomplissement de ses projets est sûre, et que ce ne sont nullement par nos pensées que nous pouvons juger de la manière de Dieu.

Le sens du baptême est la purification des péchés par la mort et la résurrection du Seigneur, et l’intégration dans la grande famille des fidèles, et c’est par elle qu’on s’engage pour faire partie de l’église (ou de la Communauté).

L’Apôtre Paul dit : « Il y a un seul baptême». (Eph. 4/5). Cela montre la perfection du don du Christ qui s’est livré une seule fois sur la croix. Ainsi, le baptême n’est ni renouvelé ni refait mais reçu ou administré une seule fois.

Enfin, il est important de réitérer que le baptême ne sauve pas. Selon Mar.16/16, il est dit que c’est celui qui croira et qui sera baptisé qui sera sauvé. Il continue en disant que celui qui ne croira pas sera condamné. Seule la foi sauve, et l’incrédulité fait perdre. Ainsi, le baptême est une manifestation de cette foi et une entrée dans l’Alliance de Dieu. Le baptême doit donc être fait, mais il ne garantit pas l’entrée effective dans le Royaume de Dieu, c’est juste un signe. L’Apôtre Paul a aussi révélé que « Ce n’est pas pour baptiser que Christ l’a envoyé, c’est pour annoncer l’Évangile » (Cor. 1/17). Ainsi, c’est la foi et l’enseignement de la foi qui sont essentielles et non leur manifestation. Cependant, on nous a donné un commandement, celui de prêcher, révéler et manifester la foi des œuvres du Christ par le baptême, et nous devons l’accomplir. 

LA SAINTE CENE

Le mot Cène signifie repas. Ce mot a été utilisé pour désigner le repas que le Christ a partagé avec ses disciples, avant sa passion et sa crucifixion mais aussi le repas commun des fidèles après sa montée au ciel.

Ainsi, on l’appelle Repas du Seigneur ou La Table du Seigneur. On l’appelle également Communion selon le 1Cor 10 : 16, mais encore Eucharistie (action de grâce) car avant le partage du pain et du vin, le Seigneur a rendu grâce (1Cor.11/24 ; Luc. 22/19 ; Mat. 26/27 ; Mar.14/23)

C’est le Seigneur qui a institué la Sainte Cène en ordonnant de la célébrer toutes les fois qu’on mange ou qu’on boit jusqu’à son retour (1Cor. 11/24-26). La Sainte Cène commémore le fait que le Christ a livré son corps et son sang pour nous. Elle est ainsi le signe visible de la grâce de Dieu pour nous, qui garantit notre pardon et notre redemption.

Cela ne signifie pas que le don du Christ et sa crucifixion doivent être présentés à nouveau. Les différentes offrandes présentées dans l’Ancien Testament s’ajoutent et sont complémentaires puisqu’elles sont incomplètes, et nécessitent sans cesse d’être renouvelées ; par contre, le sacrifice de notre Seigneur a été offert une seule fois (Heb. 9/25-28 ; 10/12).

Ce n’est pas un hasard si le Seigneur a fait le choix de ce signe du repas. Nous devons manger le pain et boire la coupe, afin de révéler que pour vivre, nous avons besoin de nourriture qui nous pénètre, qui deviennent notre corps, pour nous faire vivre, nous réchauffer, nous fortifier et prendre soin de notre vie. Dans la Sainte Cène, le Seigneur nous offre son corps et son sang comme menu. C’est pour cette raison qu’Il assimile le pain à son corps, et le vin à son sang. C’est pour cela qu’Il dit dans Jean 6/53-54 que « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour.»

La Sainte Cène a aussi une signification de communion et de partage. « Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps » (1Cor. 10/17). Cela nous dit aussi que l’œuvre du Christ dans notre salut, vise également la communion des hommes, en Lui.

C’est aussi lors de la première Sainte Cène que le Seigneur a commandé ses disciples de se laver les pieds, c’est-à-dire se rendre service mutuellement, s’édifier, se conseiller, aimer les uns les autres (Jean. 13/1-20). Par la Sainte Cène, les fidèles qui communient manifestent leur solidarité et leur unité.

L’invitation à la table du Seigneur ne s’adresse pas à tout le monde sans distinction; cela peut avoir des conséquences désastreuses pour celui qui la reçoit indignement, et peut même provoquer de la maladie et la mort pour certains dans l’Eglise primitive (I Cor. 11/27-30). Cela ne signifie pas que la Sainte Cène est réservée aux personnes sans défaut. Premièrement, une personne sans défaut et juste n’existe pas devant Dieu. Deuxièmement, même parmi les disciples qui ont partagé le repas du Seigneur lors de la première Sainte Cène : l’un d’eux l’a trahi, un autre l’a renié par trois fois, un autre ne l’a cru qu’après avoir vu c’est-à-dire ne croit pas sincèrement, les autres se sont enfuis, alors que le Seigneur leur a dit « J’ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir » (Luc 22/15). Cette invitation n’est pas uniquement une grâce mais c’est surtout une joie et une chose essentielle pour le Seigneur. Ainsi, le Seigneur ne cherche pas des personnes parfaites pour partager sa table, mais des personnes à la recherche de la joie du Seigneur et de son Royaume.

Certains points doivent être particulièrement examinés avant de prendre la Sainte Cène :

  1. 1.Croire en la mort du Christ. « Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. » (1Cor.11/26). Cela ne doit pas rester seulement une connaissance historique, mais vraiment prendre pour soi la phrase « Christ est mort pour moi ». Et en acceptant son invitation, je manifeste mon vœu de le recevoir dans ma vie, et accepter tout ce qu’Il m’offre pour me nourrir (son corps, son sang, sa Parole, son Esprit etc…) et je montre que je mets toute ma confiance en lui pour agir dans ma vie et l’orienter.

Ainsi, la Sainte Cène du Seigneur n’est pas faite pour celui qui se croit parfait, mais pour les pauvres, les aveugles, les paralysés, les boiteux recueillis et rassemblés venant des chemins et le long des haies (Luc 14 : 21/23), ceux qui ressentent leur faiblesse et lèvent leurs yeux vers la grâce de Dieu révélée sur la croix.

  1. 2.Ne pas considérer la Sainte Cène comme une superstition : La Sainte Cène n’est ni un remède ni un salut urgent face aux problèmes que nous rencontrons dans la vie. Recevoir la grâce par la Sainte Cène n’est pas automatique. C’est un repas qui nous permet d’affirmer notre foi car nous ne pouvons rien faire par nous-même et avons besoin de la grâce du Christ qui nous donne la bénédiction par notre communion avec lui dans la Sainte Cène ; ainsi, nous ne voulons plus vivre notre propre vie mais nous désirons que le Christ vive et qu’il agisse en nous. La communion par la Sainte Cène non suivie d’un souhait de vie de sainteté, de justice, d’amour, de vie nouvelle, de foi, n’est qu’une forme d’hypocrisie. Si nous ne sommes pas parfaits, nous devons aspirer ardemment à la perfection et à la ressemblance avec le Christ; nous devons agir et accepter que Dieu agisse pour notre croissance en tant qu’enfant de Dieu.
  1. Croire en la communion fraternelle. Nous avons vu précédemment que la Sainte Cène est un repas de communion. Cela ne signifie pas que nous devons d’abord attendre d’avoir de bonnes pensées et des relations pures avec nos frères avant de communier à la Sainte Cène, car l’invitation du Seigneur à sa Table est un appel pour la réconciliation, et ce qu’Il nous demande est de recevoir la purification du cœur et l’esprit du pardon, afin que la communion à la Sainte Cène devienne une grâce pour tous, et que par la présence du Christ et par les œuvres de son Esprit nous recevions cette grâce. Plusieurs réconciliations ont été accomplies par grâce à la communion à la Sainte Cène. D’ailleurs, l’Apôtre Paul lorsqu’il a écrit aux Corinthiens, n’a pas exigé d’eux d’éprouver les amis qui partagent la communion avec eux, mais « que chacun s’éprouve soi-même » (1Cor. 11/28)
  1. 4.Être baptisé avant d’être reçu à la Sainte Cène. Et puisque le baptême est la mémoire d’un sacrifice accompli par Christ en une seule fois sur la croix, les gens doivent donc être baptisés avant d’être reçus à la Sainte Cène. Si le baptême symbolise l’entrée dans l’Alliance, la Communion consiste à la garder en mémoire et la vivre. Cela ne veut pas dire qu’on doit être baptisé selon les rites de l’Église qui nous reçoit pour pouvoir communier, car il n’y a qu’ « un seul baptême »; ainsi il est inutile de le refaire (rebaptême).

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