
Le salut de l’ancien Testament
La notion de salut revêt plusieurs significations dans l’Ancien Testament, mais nous allons en retenir trois à partir de trois termes qu’on utilise le plus souvent.
a) ACHETER – RACHETER
Le verbe padah a pour sens initial « acquérir un objet ou une personne par l’argent ou par échange avec un objet. »
Lorsqu’il s’agit de Dieu qui rachète son peuple, il n’y pas de contrepartie: Dieu agit par pure grâce et ne demande rien en échange. C’est ainsi qu’Il a sauvé son peuple de la servitude d’Egypte. (Dt.7:8)
b) VENGER (un membre de sa tribu ou de son clan)
ga’al: le plus proche parent a le devoir de venger le sang versé, c’est le go’el ou vengeur du sang. Mais ce terme est aussi utilisé dans le sens de racheter, libérer un esclave, délivrer un prisonnier, sauver. Le go’el, c’est le Redempteur.
c) Le verbe qui signifie plus exactement SAUVER, c’est yacha. Son vrai sens c’est être au large, être à l’aise. Son sens s’est élargi pour renvoyer à une délivrance quelconque: d’une maladie, d’un danger, d’une captivité, de la mort, de l’esclavage. Le mot prend alors le sens de: guérir, être heureux, être victorieux, vivre, être affranchi, etc…
C’est ce troisième sens qui est à l’origine du mot Mochia’=Sauveur, Messie. C’est ainsi qu’on appelle les hommes qui ont délivré Israël d’un ennemi qui l’opprimait, comme les juges (Juge.3:9,15)
C’est Dieu qui est souvent désigné comme Sauveur dans la Bible. Le terme Hosanna (Hoshia’na=sauve donc) est tiré de ce nom (Ps.118:25; Jn:12:13)
Plusieurs noms propres de la Bible sont formés de cette racine yacha:
Esaïe: le salut de l’Eternel
Osée: salut, bien-être
Josué: dont le salut est l’Eternel
Jésus: L’Eternel sauve
Elle possède un sens plus étendu qui veut dire aussi bien salut que délivrance, victoire, bonheur, prospérité, biens, paix (schalom)
GRANDS PRINCIPES
a) Le salut est d’abord une délivrance matérielle et concrète. Etre sauvé, c’est sortir sain et sauf d’une situation périlleuse. Sauver, c’est donc aider un ami dans le sens le plus matériel (visible).
b) Dans l’Ancien Testament, le salut apparaît comme une délivrance collective et nationale. Le dessein de Dieu dans l’appel d’Abraham était de sauver et bâtir une nation qui sera un instrument de salut pour toutes les nations (tous les hommes) (Gen.12 :2,3 ; 26 :4 ; Act.3 :25)
c) Le salut ne peut être que l’œuvre de Dieu. Même si des hommes comme Moïse, Gédéon, Cyrus, etc… sont envoyés pour sauver son peuple, la Bible affirme que c’est Dieu qui agit en eux et par eux, comme Il a sauvé et envoyé Israël pour le salut de toutes les nations.
Dieu seul sauve (Osée 5:13; Es.31:1; Ps.33:16-17)
Si on considère le salut par rapport à l’histoire du peuple d’Israël, on peut affirmer que:
– Dieu a agi dans le passé pour sauver le peuple de la servitude d’Israël,
– Dieu agit dans le présent en suivant son peuple dans les circonstances qui le menacent car Il est fidèle à son Alliance et à ses promesses; même s’Il l’a laissé subir la défaite devant son ennemi et aller en exil à cause de son infidélité. Il le sauvera de cette épreuve au temps voulu; ceci pour lui apprendre et le former à la fidélité.
Dieu agira dans l’avenir pour accomplir l’œuvre salvatrice à la fin des temps.
d) C’est dans ce domaine eschatologique qu’on peut tirer deux notions :
– Une notion prophétique qui décrit les événements de la fin par rapport au retour de la captivité, au retour à l’ordre des choses (rassemblement des deux peuples d’Israël et de Juda, purification et sanctification du peuple, jugement de toutes les nations par le Messie qui montera sur le trône de David, règne éternel de paix, d’amour, de justice et de vérité, etc,…(Es.11 :1-10 ; Jer.31 :31-34 ; Ez.37 :21-28)
– Une notion apocalyptique du salut, à la suite d’une catastrophe générale, qui précédera l’accomplissement du salut. Le jugement dernier suivra la résurrection de tous les morts pour séparer les sauvés et les perdus, avant l’avènement d’une nouvelle terre et des nouveaux cieux (Es.65 :17 ; Dan.7 et 12)
e) La notion de salut personnel, dans le sens d’une délivrance du péché et de la joie du pardon n’apparaît que rarement dans l’Ancien Testament (Ps.51 :8,12,15). Mais dans le cas où elle apparaît, c’est pour faire souligner le pouvoir de Celui qui sauve la nation.
Les pages de l’Ancien Testament qui contiennent la notion du salut au sens le plus complet du mot, à la fois national et universel, immédiat et futur, collectif et individuel, sont celles du grand prophète de l’Exil, Esaïe 40-55.